Retour sur une petite quinzaine de jours sur l'Ile de beauté qui porte bien son nom.

Je ne connaissais la Corse que par un bref séjour en 2002 dans les alentours de Calvi. Quand j'ai eu connaissance du Corsicatri, je n'ai, bien sur, pas hésité longtemps à m'inscrire ni à convaincre ma dulcinée.

Le hasard faisant parfois bien les choses, j'ai egalement trouvé un petit trail de 13 km à Bonifacio la semaine précédant le triathlon.

Une fois arrivée sur place grâçe au bateau ( à cette époque, les tarifs sont compétitifs), j'enfourche quoditiennement le vélo pour découvrir la Balagne et ses nombreux petits cols ( et meme un sacré morceau avec le col Di Battaglia avec ses 5 km à 10 %).

Autant le dire tout de suite, la Corse est un sacré paradis à cette période de l'année :

- Des prix compétitifs pour attirer les touristes hors juillet-aout.

- Un climat propice à la pratique sportive : 21 à 22° en journée.

- Le maquis est en fleur et sent extremement bon.

- Il n'y a personne sur les plages, sur les routes, dans les villes.

Après quelques jours, départ pour Bonifacio pour découvrir ses falaises et son trail. La course est très pittoresque : départ du haut de la citadelle, un premier km de folie en descente, puis alternance de montée-descente dans un paysage a couper le soufle.

Nous ne sommes que 120 au départ, c'est l'ideal pour profiter de la course sans etre géné par les autres coureurs. Cette course se révèlera etre le meilleur moyen de découvrir Bonifacio, sa vieille ville et ses falaises.

Dès le lendemain de ce pittoresque trail, j'avais repéré sur la carte le célèbre col de Bavella et ses non moins célèbres aiguilles. Celui la, il me le faut à mon palmares !!!

Claire arrête donc la voiture a Porto-Vecchio, je monte sur le vélo et direction Bavella via Ospédale et Zonza : le parcours est tout simplement stupéfiant de beauté : à chaque virage, la vue est magnifique que ce soit sur la mer ou sur la montagne. Après 50 km de ballade, arrivée au sommet du col ( 1200 mètres) et pique nique dans la forêt. Puis c'est le retour sur Calvi avec des images plein la tete.

2eme semaine : les potes arrivent : Seb de Tri Sud 18 et Romu de Beaune : autant les gaillards sont costauds sur un vélo, autant ils semblent fragiles sur l'apéro : je me charge donc de leur faire découvrir les traditions corses : Pietra, Serena, Columba...

La veille de la course est traditionnellement, pour moi, une journée interminable : de plus, ce sera la seule journée de mauvais temps de la semaine. Je vais donc chercher mon dossard et préparer mes petites affaires.

Le reste de la journée se passe tranquillement entre attente et inquiétude vu la rudesse des parcours.

Le jour J :

Pas de problemes pour me reveiller et avaler mon café, je ne suis pas trop stressé car j'ai maintenant l'habitude de ce genre de journée ( c'est mon 25eme tri LD).

L'arrivée dans le parc se fait doucement : personne n'a l'air inquiet : l'ambiance est bon enfant, nous sommes 125 au départ, la température semble idéale. Je retrouve les potes, prend quelques photos, et savoure chaque instant.

La course se compose de 4 km de natation, 120 km de vélo et 30 km de cap.

Le départ est fixé sur la plage, l'organisateur nous a prévu une petite sortie à l'australienne pour nous réchauffer ( l'eau est a 16°).

Pan : c'est parti sans bousculades, tout le monde a conscience que la course ne se joue pas dans l'eau. Je trouve tout de suite mon rythme et un bon paquet pour me protéger ( je reconnais Yves Tabarant et 2 autres avec qui j'ai l'habitude de nager). Je ne vais pas vite, l'essentiel pour moi est de sortir de l'eau "frais". Après 57 minutes de baignade, je sors donc de l'élément aquatique content de ma progression( il devait plutot y avoir 3,5 km que 4.

Changement tranquillou et départ pour les 2 boucles cyclistes à travers la montagne corse ( 1 petit col plus 3 cotes a faire 2 fois). Le parcours est splendide, sans doute le plus beau depuis mes débuts dans cette discipline.
J'avais opté pour un premier tour "modeste" si bien, qu'après etre sorti 30eme de l'eau, je me retrouve 45eme à la fin de la premiere boucle.

Ce n'est pas grave, je me régale aujourd'hui, les gars font preuve d'un grand esprit sportif puisque personne ne drafte et puisque personne ne balance ses déchets dans la nature ( chose a laquelle je suis très attaché). Le second tour se passe bien puisque je reprend 5 imprudents partis trop vite.

Je pose donc mon fidèle destrier après 4 h 15 d'efforts aux alentours de la 40eme place. Il n'y a pas beaucoup de spectateurs mais je m'en fiche puisque mes sensations sont bonnes et qu'aujourd'hui c'est une course de "guerriers".

Pour sa part, le parcours pédestre est redoutable : 400 m de plat pour sortir du port puis une suite de montée-descente éprouvantes pour les cuisses. Le tout se fait en aller retour, on croise donc les copains, j'ai toujours trouvé ça sympa.

La aussi, le parcours est d'une grande beauté, il part vers Galéria via la route du bord de mer. Les écarts sont énormes, il doit y avoir un gars toutes les 2 ou 3 minutes.

Je n'ai personne en ligne de mire, le premier triathlete me double au km 5, le second au 8, puis plus personne à part les premiers que je croise ( Patrick Bringer répond a mon salut malgré son allure démente.

Les ravitos sont nombreux, bien organisés, espacés tous les 2 ou 3 km. Je ne reprend personne mais mes sensations sont bonnes et mon allure me semble correcte ( tout est relatif, je n'ai jamais été un bon coureur.

Après 15 km, demi tour et rebelote. J'avais vu que quelques gars étaient juste devant moi ( c'est a dire entre 5 et 10 minutes sur le Corsicatri). Je décide donc d'augmenter mon allure et d'essayer d'aller les chercher. J'en reprend 6 sur le retour, chose miraculeuse pour moi, car j'ai tout d'une limace sur l'activité pédestre.

Le chrono s'arrete sur 7 h 38 quand je franchi la ligne d'arrivée du triathlon.J'embrasse ma femme et ma fille puis me dirige vers le ravito pour déguster un Corsica-cola ( si si, ça existe !!!). Ensuite massage, douche méritée et direction la soirée de cloture à l'hotel Régina.

Soirée très réussie avec salades, lasagnes, desserts et un excellent vin ( de plus, les conjoints sont invités). Encore un bon exemple de l'hospitalité corse !!!

Les bonnes choses ayant une fin ,je reprend le bateau dès le lendemain pour retrouver la métropole....

Les plus de ce triathlon :

- C'est le plus beau triathlon auquel j'ai participé : eau transparente, vélo et cap superbe.

- Des parcours durs empechant le drafting.

- Un nombre de triathlète limité ; c'est un combat contre sois meme et non une lutte contre les autres.

- Un prix d'insciption raisonnable ( 150 euros). Pour moi, c'est définitivement fini les courses a 350 euros pour manger des pates froides sous un chapiteau ringard.

- L'hospitalité légendaire des corses : l'accueil a été très sympa : merçi a André et a toute son équipe.

- La Corse, c'est le beau temps garanti ainsi qu'un depaysement assuré.


Les moins de ce triathlon :

- j'ai beau chercher, c'est dur : disons l'etat des routes sur le retour en vélo ; de nombreux triathletes ont crevés.

- L'absence totale de spectateurs : les corses n'ont pas l'air passionnés par le triathlon.


L'année prochaine, le triathlon tombe encore pendant nos vacances scolaires : qui veut m'accompagner ?