Après avoir posé mes valises à Nice ( 92,93,94,97), Cergy ( 90), Embrun ( 91,92,2000,2003), Gérardmer ( 2002), Roth ( 2004), j'avais décidé cette année ( en accord avec Claire et les copains du club) de m'attaquer a l'Ironman d'Autriche qui avait lieu a Klagenfurt, capitale de la Carinthie.
Cet hiver, la préparation n'a pas été facile puisque je suis devenu papa d'une petite fille et puisque le temps n'a pas toujours été clément avec des périodes de "grand froid"...
Enfin, 6 jours avant la course, j'arrive à Klagenfurt avec 5000 km de vélo et 1500 kms de cap. Les jours précédant la course, j'ai tout le loisir de repérer les parcours, d'aller chercher mes dossards et surtout de profiter de Klagenfurt qui est vraiment une ville superbe.
La pasta party du vendredi était très sympa avec des pates chaudes à volonté ( au contraire de Nice), de la bière gratuite,et les copains qui arrivent peu à peu : Gérard d'abord puis David et Philippe, enfin Augustin, nouveau copain rencontré sur le forum d'Online.
Le samedi est consacré au dépot des vélos dans le parc, à la reconnaissance des aires de transition et enfin et surtout au repos. J'ai très peu de pression malgre le fait que je veuille casser le mur des 11 heures qui s'était refusé à moi l'année dernière à Roth ( 11 h 10). Je m'endors paisiblement en pensant toutefois a la course du lendemain.
4 h00 : le réveil sonne mais je suis deja reveillé depuis 1 heure, j'avale mon sport dej, remplis mes bidons et c'est la direction du parc a vélos.
Comme toujours, j'arrive dans les premiers dans la crainte d'un éventuel soucis de dernière minute ; le parc a vélos est calme pour l'instant mais je sais bien que c'est le calme avant la tempête. Je gonfle mes pneus, vérifie mon matos et dès 6 h 15, je me dirige vers le départ pour avoir une bonne place et "rentrer dans ma bulle".
Les triathlètes arrivent peu à peu sur l'aire de départ, la tension monte puisque le speaker égrène le compte à rebour. Je me place a l'extrême droite, en première ligne, tout près des spectateurs ( venu dès 7 heures du matin par milliers).
Pan, c'est parti pour 3800 mètres de natation, discipline que j'ai abandonné depuis 5 ans, considérant que c'est uniquement un échauffement avant une longue journeé. Je prend quelques coups, en donne aussi, le passage a la bouée des 800 mètres est très délicat, je m'en sort pas mal en prenant au large. Le retour se passe mieux puisque chacun trouve sa place, la sortie de l'eau à l'australienne permet au public de nous encourager et c'est reparti pour une seconde boucle différente de la première car nous terminerons dans un canal étroit de 15 metres.
Après 1 h 07 de natation, je sors de l'eau dans un vacarme étourdissant du aux spectateurs, je cours vers l'aire de transition récupérer mon sac et file me changer sous la tente. Premier bilan, je suis frais comme un gardon car j'ai nagé en amplitude sans chercher a aller vite. Sous la tente, le hasard me fait me changer à coté de Bruno Bombaglia, vieux pote de combat du TC Joué. Je me change rapidement et cours récupérer mon vélo pour attaquer les 180 km du parcours( en 3 boucles).
J'avais initialement prévu un départ "modeste" afin de ne pas me griller avant le marathon, ma bête noire depuis toujours. Et bien, c'est exactement ce que je ne fais pas puisque je pars la fleur au fusil, entrainé par le rythme infernal des autres triathlètes. Sans avoir l'impression de forcer, je fais un premier tour diabolique à 36 km de moyenne. Conscient d'etre trop rapide par rapport a mes capacités, je baisse de rythme au second tour, notamment dans la bosse ( 3000 personnes, un DJ dopé aux amphetamines, le tour de France...).
Après 100 km de vélo, je ratrappe Philippe, parti lui aussi comme un bolide. Le bougre m'apprend sa décision d'abandonner puisqu'il ne se sent pas le courage d'effectuer un marathon. Cette décision qui survient à un moment difficile pour moi, me coupe les jambes, Philippe me repasse ainsi que de nombreux concurrents. La ça devient très dur, je paye mes efforts du début, le troisième tour est un calvaire pour mes jambes, des filles me doublent sans un regard, je suis seul au monde ( je ne m'apercevrais meme pas que j'ai repassé Philippe arrété sur le bord de la route avant de repartir). Et la premiere bonne nouvelle de la journeé, j'ai très bien géré ce mauvais moment au niveau phychologique car j'ai toujours été positif dans ma tête, sachant très bien que sur un Ironman, chacun a ses défaillances et peut les surmonter.
Je me refais un peu la cerise sur les 20 derniers kilos et pose le vélo après 5 h 25 de selle. J'aperçois Claire à l'aire de transition, je me change et pars affronter le marathon. Je m'élançe après 6 h 40 de course, toujours dans le coup pour les moins de 11 heures.
Soudain après 500 mètres de cap, le public ( déja très bruyant) m'acclame comme une star....et la c'est le drame, grosse deception, c'est seulement le futur vainqueur qui me double lançé comme un bolide ( le marathon est constitué de 2 boucles). Je suis encore "frais" mais je prend la décision de partir cool ( 5 minutes 40 au kilo) car je sais que la journée est encore longue. Les 20 premiers kilos se passent bien, je croise les copains ( Philippe, Gérard, Bruno, David, Eric du TC Joué) ; seul Vincent manque à l'appel mais je n'apprendrais que plus tard son abandon. Je m'aperçois que, sauf défaillance toujours possible, je terminerais premier du club puisque j'ai 10 minutes d'avançe, matelas confortable qui me met a l'abris d'un retour éventuel.
Justement la déffaillance arrive au kilo 27, mais je cours toujours ( pas vite mais je cours) et je suis toujours dans le coup pour casser le mur des 11 heures).
les kilos défilent, l'arrivée approche, et je sens que ça y est, j'ai réussi mon pari ( il me reste 8 minutes pour faire le dernier kilo), je prend même le temps de profiter de l'arrivée, je tape dans les mains des spectateurs, je fais le fou a 100 mètres de la ligne, a 50 mètres je laisse passer un italien qui sprinte pour etre tout seul sur la photo de finisher.
Je franchis la ligne après 10 h 55 d'effort mais aussi et surtout de plaisir.
On me remet une médaille, me félicite, et la tout d'un coup, la pression tombe et je me met a pleurer comme un gamin, chose qui ne m'était jamais arrivé sur un Ironman... J'attend ensuite les copains, on se félicite, certains craquent, l'arrivée est toujours un moment magique...
Merci aux copains restés à Tours pour les encouragements, merci à claire qui supporte mes entrainements, merci au triathlon sport merveilleux qui prend beaucoup mais qui rend encore plus.........
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